Le génocide arménien


2009-04-14 | Poster par : A.M.+R

Inauguration de la statue de R. P. Komitas à Paris en 2003.

 

Le massacre des Arméniens par les Turcs, pendant la Première guerre mondiale, est le premier génocide du XXe siècle. Il débute le 24 avril 1915 à Istanbul, capitale de l’Empire Ottoman, avec l’assassinat de 600 notables arméniens sur ordre du gouvernement.  A la fin de l’été 1915, les deux tiers des Arméniens de Turquie, soit environ 1,2 million de personnes, auront péri dans des conditions généralement épouvantables.

Les nationalistes turcs se sont emparés du pouvoir quelques années plus tôt à Istanbul. Après l’entrée du pays dans la Grande guerre, les Russes envahissent l’Asie mineure. Les Turcs battent en retraite et, exaspérés, multiplient les violences à l’égard des Arméniens de Turquie, coupables à leurs yeux d’être favorables aux envahisseurs chrétiens. La ville de Van se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome. Les nationalistes saisissent ce prétexte pour accomplir leur dessein d’éliminer la totalité des Arméniens. Talaat Pacha, le ministre de l’Intérieur, ordonne l’assassinat des Arméniens d’Istanbul puis des Arméniens de l’armée. C’est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes de l’est du pays. Les Arméniens sont tués sur le champ par l’armée ou réunis en longs convois et déportés vers le sud, sous le soleil de l’été, sans vivres et sans eau, avec la mort au bout du voyage...

Le 24 avril de chaque année, les communautés arméniennes de par le monde célèbrent une journée du souvenir. (Source : Dossier génocide arménien sur www.herodote.net)  Les commémorations du 24 avril, jour de commémoration du génocide, ont lieu à Paris auprès de la statue du R. P. Komitas, érigée en Mémorial National Français du Génocide Arménien. Musicologue, découvreur et promoteur de la musique classique arménienne, mais aussi sensible à celles des peuples turc et kurde, le R. P. Komitas séduisit Claude Debussy qui le considérait comme un compositeur exceptionnel. Sauvé du massacre, la vision des horreurs génocidaires et des déportations lui fit bientôt perdre la raison. Interné en France à l’Hôpital psychiatrique de Villejuif, son existence consciente cessa le 24 avril 1915. Il mourut en 1935.

Première publication : Pupille n° 177, 2e trimestre 2008.

En savoir plus :

www.herodote.net
Le dossier sur le génocide arménien de la revue Hérodote.

Entretien avec Edmond Ezéghian.